Les autorités de la RDC dans le viseur de la CPI

| |

(Tempête des tropiques)

Dans les jours qui viennent, nombre d’entre elles seront appelées à répondre de leur responsabilité présumée dans les violations avérées des droits de l’homme commises dans le pays

Comme un prototype de pays africains où un culte spécial est rendu à l’impunité, la République démocratique du Congo risque de voir certains barons influents du régime en place être poursuivis pour violations présumées de droits de l’homme par la Cour pénale internationale (CPI) !

C’est du moins ce que semblent affirmer des documents inédits mis sur le compte de la CPI qui contredisent les prétentions des responsables Congolais selon lesquelles les présomptions de culpabilité retenues jusque-là par cette haute instance judiciaire à leur encontre appartiennent déjà au passé au profit d’un non lieu, faute de preuves !

En effet, dans les milieux proches de la CPI, il y a eu lenteur dans les enquêtes menées, dans la conclusion de ces enquêtes et, même dans le lancement de poursuites. Mais la justice internationale n’a jamais mis une croix sur les graves crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et diverses formes de violation des droits de l’homme qui continuent à être perpétrés en RDC.

Une question sans réponse !

Les mêmes sources précisent par ailleurs qu’à la Haye (à la CPI), un desk (un bureau, une section, un service particulier) essentiellement consacré à la RDC a été mis en place pour le besoin de la cause. Il a pour principal objet de collecter toutes les informations et répertorier tous les actes criminels relevant de la compétence de la CPI. Les mêmes sources indiquent également qu’avec l’assassinat en mars dernier de deux experts de l’Organisation de Nations Unies (ONU) dans le Grand Kasaï, le desk RDC auprès de la CPI a redoublé d’ardeur.

Depuis une dizaine d’années, des experts de la CPI compilent des données et des faits infractionnels à charge de certains dirigeants congolais. Une liste non encore exhaustive de la CPI reprend de grands noms du pouvoir à Kinshasa ou ailleurs. Sur chaque dirigeant répertorié la CPI a minutieusement retracé les griefs qui lui sont imputés.
Depuis les manifestations des 19, 20 et 21 septembre 2016, la CPI suit de très près le dossier Congolais.

Les très fortes répressions de manifestations organisées par le Rassemblement des forces politiques et Sociales acquises au changement qui se soldent le plus souvent par mort d’hommes n’échappent pas non plus à la vigilance de la CPI. Bref, contrairement aux fausses assurances de non lieu propagées par la Majorité présidentielle, le régime hautement répressif de Kinshasa n’est pas épargné par la CPI.

Il y a lieu de rappeler à l’opinion nationale et internationale qu’en marge de la dernière réunion du Comité de droits de l’homme de l’ONU un accord de coopération a été conclu entre le Haut Commissariat de Nations Unies pour les droits de l’homme et la CPI. Il s’agissait de mettre en place une plate-forme d’échanges d’informations dans le but d’enrichir la banque d’informations de la haute instance judiciaire internationale basée à la Haye au Pays-Bas.

Mais pourquoi la CPI ne se sert-elle pas des informations déjà collectées à son niveau pour mettre le premier groupe de dirigeants congolais fautifs en accusation en attendant la suite ? Un sujet à débat !

Comments are closed