A l’appel de la société civile contre l’insécurité : Paralysie totale ce mercredi à Butembo

(Tempête des tropiques)

La ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu sera paralysée ce  mercredi 6 septembre. Cela,  à l’appel de la société civile Forces vives, qui a décrété une journée sans activités, pour exiger le départ des autorités politico-administratives, à cause du climat d’insécurité que connait cette ville ces derniers temps. Il est prévu des concerts de casseroles, de sifflements  et de mettre en action tous les outils de sonorisation pendant 15 minutes  chaque huit heures, 12 heures et 20 heures, pour obtenir le départ des autorités locales.

La société civile Forces vives de Butembo n’a pas besoin d’être manipulée, comme le prétend les autorités de la place, mais  s’engage avec des actions non violentes de grande envergure,  qui requièrent l’appropriation de la population, victime de ce climat d’insécurité que  les autorités sont incapables de stopper.

Pour rappel, c’est à  l’issue d’une assemblée générale, le 1er septembre dernier que la société civile de Butembo a « exigé » la « démission des autorités politico-administratives, à savoir le maire de la ville et son adjoint, les bourgmestres des communes et leurs adjoints ». Elle leur reproche « un manque de respect langagier » vis-à-vis des « populations victimes de l’insécurité sous prétexte qu’elles n’ont pas le mandat de la population ». Ces autorités ne sont, en effet, pas élues mais nommées par le pouvoir, en raison de la réticence du régime Kabila à organiser les élections locales depuis 2006.

La société civile de Butembo réclame aussi « le départ sans conditions des commandants de la Police Nationale Congolaise (PNC) et des FARDC ainsi que la relève de certains éléments » de celles-ci « qui ont longtemps œuvré en ville de Butembo ». Elle veut également le changement du « chef de poste principal » de l’Agence nationale de renseignement (ANR), et des inspecteurs.

Elle se plaint en effet d’« incursions nocturnes dans différents quartiers, avec pertes en vie humaines », dont elle fournit les noms, notamment par des « bandits à mains armées habillés en tenue policière ». Et de dénoncer « la confusion organisée entre les agents de l’ANR, de la police et les bandits lors des patrouilles nocturnes pour échapper à la vigilance de la population » qui a déjoué plusieurs incursions.

La société civile de Butembo se plaint enfin des « intimidations ciblées des activistes » et du traitement « dégradant » que constitue « l’ensevelissement des corps des civils dans les trous des WC » à la turque.

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About the Author: Adeline Marthe