« Situation sécuritaire et sociopolitique de la province de l’Ituri »

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  1. CONTEXTE SOCIO POLITIQUE ET SECURITAIRE

La Province de l’Ituri a connu, durant le mois de janvier 2019, une situation sécuritaire relativement calme dans la ville de Bunia et sur l’ensemble de la province. Cependant, elle est restée calme et imprévisible dans le territoire de Djugu et dans la partie sur du territoire d’Irumu.

La ville de Bunia a connu une hausse de criminalité et des cas de banditisme à main armée durant cette période. Le phénomène « kidnapping » a également  refait surface. Quelques cas de kidnapping ont été signalés, dont le plus saillant est celui d’un  homme qui a été enlevé et assassiné par des inconnus dans le quartier d’Opas en ville de Bunia, le 08 janvier 2019. Selon la source, le corps de la victime a été découvert près de l’abattoir de la ville de Bunia dans le même quartier Opas. La Police a ouvert une enquête pendant que les auteurs de ce crime sont toujours en fuite.

Le territoire de Djugu a connu des agitations suite aux attaques intempestives et sporadiques des assaillants non autrement identifiés contre les positions militaires des FARDC.

La nuit du 21 au 22 janvier 2019, les assaillants non autrement identifiés ont attaqué la base militaire des FARDC à Largu, un centre de négoce de la Chefferie des Bahema Nord. Selon la source, ils tentaient de piller le dépôt d’armes des FARDC situé dans ce centre. Comme bilan, 4 militaires FARDC ont été tués lors des échanges des tirs et quelques munitions du dépôt emportées par les assaillants.

Le territoire d’Aru n’a pas connu assez d’agitations à part quelques cas de banditisme signalés durant cette période.

A Aru on a noté un cas d’agression d’un homme pour opinion politique.

Le 22 janvier 2019, un habitant avait été agressé physiquement par un groupe de jeunes communément appelé SAKUMUNA[1], qui soutenait un candidat malheureux aux élections provinciales dans le quartier Route-Abba. Selon la source, la personne avait été agressée lors d’une discussion politique sur le résultat des élections. Les forces de sécurité locales sont intervenues et ont réussi à secourir la victime (qui était déjà gravement blessée par ses agresseurs) et maitriser la situation.

Le territoire de Mahagi, quant à lui, a été secoué par une incursion des assaillants non autrement identifiés dans le centre de négoce « AMEE ».

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2019 vers 23h00, un groupe d’hommes armés non identifiés à bord de deux véhicules et trois motos avait fait incursion dans le centre commerciale d’Amée,  à environ 18 km à l’Est de Nioka dans le territoire de Mahagi. Selon la source, ces assaillants ont pillé dans plusieurs boutiques et emportés 03 motos dans cette localité. Pendant leurs opérations, ils tiraient plusieurs coups de feu en l’air et un policier de passage a été abattu par ces assaillants.

Cet incident avait créé de la panique au sein de la communauté et certains habitants ont fui temporairement de leurs habitations pour revenir le matin.  Les enquêtes sont en cours par la justice militaire afin de retrouver les auteurs de ce crime.

Dans le territoire de Mambasa, le contexte sécuritaire a été marqué par la mort du chef rebelle des MAI-MAI SIMBA, appelé MANU et son fils également tué par les FARDC dans un accrochage.

En effet, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2019, les militaires FARDC avaient attaqué par surprise un groupe de miliciens Mai-Mai Simba sous le commandement de leur chef dénommé MANU dans la localité de Bembele, à plus ou moins 16 km au Sud de Nia-Nia centre, dans le territoire de Mambasa. Selon la source, sept (07) miliciens dont MANU le leader du mouvement et son fils ont été tués par les FARDC et sept (07) armes récupérées dont une arme d’appui PKM. Signalons qu’avec la mort de Manu le leader du mouvement Mai-Mai Simba, cela pourrait contribuer positivement  à l’amélioration de la situation sécuritaire et de protection dans la zone de Mambasa, longtemps meurtrie par l’activisme des Mai-Mai, jadis sous le commandement du feu Paul Sadala alias Morgan et après lui MANU.

Enfin, le contexte sécuritaire dans la partie Sud du territoire d’Irumu a été caractérisé par la tenue du sixième dialogue tenu à Gety centre en date du 22 janvier 2019 entre gouvernement (STAREC) et les leaders des miliciens de la FRPI.

Ces derniers avaient confirmé leur première sortie de la brousse pour le pré cantonnement dans les trois sites ciblés (Bukiringi, Gety et Kagaba) à partir du 28 janvier 2019, après l’inspection de ces lieux par les spécialistes.

Les différents représentants de la communauté y compris certains leaders des miliciens de la FRPI avaient adressé quelques questions d’inquiétudes au Gouverneur ad intérim de l’Ituri et aux Responsables de l’armée et la police en Ituri après leur sortie. Le gouvernement de son côté, avait appelé les leaders des FRPI à respecter leur part d’engagement vu que le gouvernement réalise progressivement la sienne.

Le 20 mars 2019, est la date prévue pour la signature du protocole d’accord  dans lequel sont reprises les conditions préalables posées les FRPI notamment : l’amnistie, reconnaissance des grades etc. 

En dépit de ce processus de reddition des miliciens FRPI, plusieurs cas d’incursions et d’exaction contre la population civile ont été enregistrés en ce mois de janvier de la part de certains éléments incontrôlés.

En somme, le niveau de la criminalité dans la ville de Bunia reste toujours élevé tandis que les exactions commises par des miliciens FRPI dans le Sud-Irumu ont sensiblement diminuée. Le niveau de la menace des assaillants contre les forces loyalistes en territoire de Djugu reste élevé.

  1. DROITS HUMAINS ET LIBERTES PUBLIQUES

Dans le chapitre Droits humains et libertés publiques, quelques cas d’atteinte à l’intégrité physique et aux biens de la population ont été enregistrés en ce mois e janvier impliquant les forces de sécurité. Nous avons également enregistré quelques cas de manifestation publique.

Cependant, il sied de signaler qu’après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle en date du 10 janvier 2019, un calme a été observé dans toute la Province de l’Ituri y compris dans la ville de Bunia. Cependant, d’une manière générale, des commentaires négatifs et des déceptions ont été observés dans le chef de la population. Les forces de sécurité ont été déployées dans les points chauds de la ville, mais aucune manifestation n’a été observée. Les activités commerciales avaient tourné au ralenties pas comme d’habitude. Les opérateurs économiques redoutaient d’éventuels mouvements spontanés de la part des partisans des candidats malheureux.

Quant aux Droits humains, un cas a été enregistré dans le territoire de Djugu, un autre cas dans celui de Mahagi.

Le 05 janvier 2019 vers 06h00 du matin, un agent de la PNC avait fait usage de son arme à feu en tirant sur un citoyen faute d’obtempérer à son interpellation dans la localité de Mbidjo, à plus ou moins 28 km au Nord-Ouest de Bunia, groupement Dhengo dans la chefferie de Bahema Badjere. La victime  était blessée à la jambe gauche et admise dans un centre sanitaire de la place. Selon la source, le policier a été arrêté par sa hiérarchie pour les investigations.

Le 21 janvier 2019 vers 22h00, une personne civile a été victime de pillage et extorsion à son domicile par une équipe de patrouilleurs de la PNC dans le sous quartier Ndibakodu dans la ville de Bunia. Selon la source, un montant de 500 USD, un téléphone portable et divers articles ont été emportés par les policiers. La PNC aurait ouvert une enquête afin d’identifier les coupables.

Dans le territoire de Mahagi, un militaire FARDC a tué un agent de la DGM au poste frontalier d’AMBERE, le 28 janvier 2019.

Tout est parti d’une discussion entre les deux, et le militaire n’a pas digéré le fait pour lui d’avoir eu tort. Il a pris son armé et ouvert le feu sur l’Agent qui est mort immédiatement. Le parquet militaire détaché de Mahagi l’a arrêté et transféré au Tribunal militaire de garnison de Bunia pour jugement.

Quant aux manifestations publiques, un cas de soulèvement a été signalé.

Le 21 janvier 2019 vers 15h00 à Komanda centre, à 75km à l’Ouest de Bunia dans le territoire d’Irumu, les taximan moto avaient manifesté contre l’arrestation d’un de leurs en prenant en otage un staff international de l’UNICEF au centre de santé de Caritas et en s’attaquant au site qui abrite les staffs de l’OMS (qui intervient dans la riposte contre la maladie à virus Ebola).

Selon les témoignages, cet incident avait eu lieu suite à une bagarre qui avait opposé un taximan et l’agent mis au point d’entrée de lavage des mains. Le taximan aurait refusé de se laver les mains, et l’agent commis à ce point de lavage lui avait interdit de  traverser la barrière s’il ne l’aurait pas fait.

Comme bilan, la guérite des gardiens à l’entrée du site était détruite par les manifestants, quelques tôles des clôtures du site endommagés et les biens du staff de l’UNICEF pris en otage auraient été emportés par les manifestants. Cependant, aucun staff n’a été blessé et la police était intervenue afin de rétablir l’ordre public.

III. DEGRE D’INTERACTION ENTRE LE RRSSJ ITURI ET LES ACTEURS ETATIQUES

Le degré d’interaction entre la coordination provinciale de RRSSJ Ituri et les acteurs étatiques est au bon fixe durant ce début de l’année 2019.

Depuis la tenue de l’atelier d’échanges sur le « contenu et les recommandations du 8ème rapport du Groupe de Travail et l’appréciation des acteurs étatiques et non étatiques locaux du processus électoral en cours » le 14 décembre 2018 à Bunia, la coordination provinciale a réalisé une émission radio sur la vulgarisation du résumé du contenu de ce rapport sur demande de quelques parties prenantes au processus électoral notamment les partis politiques présents à l’activité.

Nous avons également remis une copie du 8e rapport du Groupe de travail à quelques autorités étatiques notamment au Ministre provincial de l’Intérieur et au chef du bureau de la Monusco Ituri.

IV. TABLEAU DES MEMBRES DE LA COORDINATION PROVINCIALE ITURI

Pour le mois de janvier 2019, la situation des membres au de la coordination provinciale du RRSSJ Ituri est resté inchangé.

La coordination provinciale comprend toujours les 4 Organisations de la société civile membres, toutes actives dont le tableau ci-dessous renseigne l’état de lieu.

Jusque-là, aucune réunion n’est encore tenue en ce début de l’année.

ORGANISATION RESPONSABLE CONTACT SITUATION DANS LE RESEAU
JUSTICE-PLUS Xavier MACKY KISEMBO 0819610691, 0992997693 Organisation active
LE BON SAMARITAIN Théodore LUSAMBA MAMBA 0810085665 Organisation active
CENTRE PELICAN Gilbert TANDIA BAKONZI 0813027102, 0994251002 Organisation active
TERRE DES ENFANTS DAVID ALICAMA 0991357253 Organisation active

V. LECONS APPRISES ET PERSPECTIVES D’AVENIR

  1. Leçons apprises :

L’accompagnement du bureau national RRSSJ à la coordination provinciale de l’Ituri au mois de décembre dans le cadre de suivi des activités à travers la réalisation de l’atelier sur le  « contenu et les recommandations du 8ème rapport du Groupe de Travail et l’appréciation des acteurs étatiques et non étatiques locaux du processus électoral en cours », a permis à la coordination provinciale de renforcer les liens de collaboration avec d’autres partenaires basés dans la zone.

  • Perspectives d’avenir :

La coordination provinciale de l’Ituri continue à mener des plaidoyers et lobbyings pour obtenir l’appui pour la réalisation de certains projets, notamment sur la pacification du territoire de Djugu.

V. RECOMMANDATIONS

La coordination provinciale de l’Ituri recommande au Bureau de Coordination Nationale :

  • D’intensifier les missions de suivi aux coordinations provinciales, car elles constituent des renforcements de capacités des membres des bureaux provinciaux.
  • d’appuyer les coordinations provinciales dans les processus d’obtention de subventions pour la réalisation des activités.

Fait à Bunia, le 10 janvier 2019

Pour RRSSJ Ituri,

Xavier MACKY KISEMBO
Coordonnateur Provincial


[1] SAKUMUNA est un groupe de jeunes bas à ARU, composé des voyous et bandits de grand chemin ressortissants d’Aru. Ce groupe fait la loi dans cette partie de la province est bafoue toute autorité de la place. Il défie également toutes les forces de sécurité.

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