Monitoring des aspects sécuritaires des élections – Le RRSSJ fustige le non respect de l’apolitisme de la PNC

[Le Phare] Après la présentation par plusieurs structures indépendantes nationales et internationales de leurs rapports sur les missions d’observation des élections, le Réseau pour la réforme du secteur de sécurité et de la justice, a tenu hier mercredi 28 décembre 2011, un point de presse, à son siège de l’avenue Buta, dans la commune de Kinshasa, pour dévoiler l’ensemble de son travail d’observation, consacré aux aspects sécuritaires des élections.

Le RRSSJ s’est intéressé particulièrement aux comportements des agents de la police et des services de sécurité, ainsi que de la population. Et cela compte tenu du fait que les prestataires des services de sécurité doivent être amenés dans le cadre de la réforme, au respect des lois leur régissant, tels que les principes de l’apolitisme et la neutralité.
Christian Tshombe, le chargé de communication du réseau, aidé par Clovis Kadha, a pris la parole pour rappeler les objectifs de cette ONG soutenue par la Composante redevabilité externe et qui oeuvre pour la réforme du secteur de sécurité et de la justice.
Après un éclairage sur sa méthodologie, le coordinateur national, Emmanuel Kabengela, a indiqué que dans sa mission d’observation, le RRSSJ avait déployé dans quatre villes pilotes, Kinshasa, Bas-Congo, Kananga et Bukavu, 87 observateurs et travaillé en synergie avec plus de 200 membres affiliées aux 11 coordinations provinciales.
Il s’est alors étendu sur quelques points faibles relevés par les observateurs et qui méritent l’attention des responsables des services de la .police et de sécurité, et des décideurs politiques, afin que des sanctions négatives soient prises contre les éléments qui se sont mal comportés lors de la campagne électorale, pendant les élections et la période post-électorale.
li s’agit en priorité du non respect du principe de l’apolitisme et de neutralité de la PNC, par certains policiers dans quelques provinces.
Cette ONG a noté également l’insuffisance des effectifs des agents de la PNC sur les sites de vote avec comme conséquence, les cas de débordement dans la gestion des files d’attente.
Il y a aussi le refus d’accès opposé aux témoins et aux observateurs, dans certains bureaux de vote, par, certains agents de la PNC. Et des menaces et autres agressions physiques ont été infligées aux électeurs, et parfois aux agents de la Ceni par des éléments de la Police nationale congolaise.
Le RRSSJ a noté la distribution des supports de campagne d’un des candidats à la présidentielle, par certains officiers supérieurs de la police, le recours abusif aux armes à feu et l’utilisation des balles réelles, des grenades et autres, contre des manifestants.
Des menaces ont été proférées par certains commissaires supérieurs principaux de la PNC, brandissant des armes à la télévision, alors qu’ils présentaient un message relatif à la sécurisation de la population et du processus électoral.
Dans un plaidoyer de la société civile pour la prise en compte de l’aspect sécuritaire des élections, le coordinateur Emmanuel Kabengela a présenté une série des recommandations adressées aussi bien au ministre de l’intérieur et Sécurité, au commissaire général de la PNC, à l’inspecteur général de la Police nationale congolaise, à la Ceni et aux organisations de la société civile.
A l’issue de ce point de presse, les représentants des médias locaux ont posé des questions touchant à la traçabilité des sanctions prises par les responsables de la police qui prétendent lutter contre l’impunité, promettant de réagir vigoureusement face aux manquements et autres abus commis par leurs éléments.
Notons que dans un communiqué remis à la presse, il a été fait état de la grève des policiers qui le lundi 26 décembre, avaient tiré plusieurs coups de feu en l’air dans la ville de Beni, province du Nord-Kivu, pour réclamer la différence de 50.000 FC sur leur solde dont la moitié leur a été payée.
A en croire ce communiqué, le commissaire provincial de la PNC du Nord-Kivu,, Bazenge Batu Muabi, s’est rendu sur le terrain pour calmer la situation, promet l’ouverture d’une enquête pour connaître la cause des problèmes enregistrés dans son ressort.
Le RRSSJ retient que des efforts sont faits, mais insiste pour que soit renforcé le rapport de rapprochement de la population et de la police, à la lumière des exactions et autres cas de violences sexuelles qui insécurisent toujours le Nord-Kivu.

Le Phare

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