Appel à projet Jeunesse et participation citoyenne responsable

(RRSSJ)

APPEL A PROJET OSISA RDC
Jeunesse et citoyenneté responsable
Réf. OSISA/EDG/APP/2014/001
Introduction
L’appel à projet « Jeunesse et citoyenneté responsable» est destiné à des organisations de la société civile (OSC) et organisations non-gouvernementales (ONG) désireuses de contribuer efficacement à l’éveil de la jeunesse congolaise, autour de sa participation et de son engagement sur des questions sociétales influençant son présent, son avenir et celui de sa nation. L’appel est ouvert tant à des organisations ayant acquis une forte expérience dans l’engagement citoyen des jeunes, qu’à des organisations nouvelles présentant un fort potentiel de croissance, ainsi que des approches créatives, novatrices et durables. Les organisations soumissionnaires, doivent avoir une existence légale, ainsi que les autorisations de fonctionnement requises en RDC. Sont exclues, les organisations politiques et partisanes. L’appel est ouvert à des initiatives dont le montant se situe entre 5.000$ et 25.000$. Toute question relative à cet appel à projet peut être envoyée à l’adresse FrancineK@osisa.org. L’appel s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Droit de l’homme et participation politique d’Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA) en RDC.
Présentation d’OSISA
L’Initiative pour une société ouverte en Afrique australe, mieux connue sous son appellation anglaise d’Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA), est une organisation de défense des droits humains œuvrant en Afrique australe. Créée en 1997, basée à Johannesburg, elle travaille à promouvoir et soutenir les idéaux, les valeurs et les pratiques d’une société ouverte. Le mandat d’OSISA s’étend à dix pays d’Afrique australe à savoir: l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo (RDC), le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe. OSISA fait partie du réseau mondial d’Open Society Foundations (OSF). En RDC, OSISA collabore avec un large réseau de partenaires étatiques et non-étatiques, travaillant sur les questions des droits de l’homme, de la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves et l’accès à la justice, le renforcement de la démocratie et la bonne gouvernance, l’accès à l’éducation et l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles. La vision d’OSISA est de promouvoir et de soutenir les idéaux, les valeurs et les pratiques d’une société ouverte, dans le but d’établir des démocraties vibrantes et tolérantes en Afrique australe, dont les peuples, libérés des contraintes matérielles connaissent leurs droits, et responsabilités, et participent activement à toutes les sphères de la vie de leurs sociétés. OSISA définit une société ouverte comme celle dans laquelle l’Etat qui a l’obligation de répondre aux besoins et aux intérêts de son peuple, est tolérant quant aux opinions divergentes de ceux-ci, et il dispose de mécanismes politiques clairs, transparents et accessibles, qui permettent à la population de désigner qui seront ses leaders et de rendre lesdits leaders redevables vis- à-vis de leurs électeurs. Cette approche consiste à regarder au-delà de symptômes immédiats, afin de résoudre les problèmes plus profonds. OSISA, le cas échéant, soutien des initiatives de plaidoyer à
Travers ses partenaires dans les pays respectifs, ou se joint à des partenaires-clé en matière de plaidoyer en réponse à des objectifs et buts communs.
Les interventions d’OSISA en RDC, sont fondées sur la conviction que la promotion et la consolidation des valeurs et pratiques démocratiques sont un fondement essentiel pour la paix et la stabilisation durable de la RDC et le bien être de sa population. Elles se fondent aussi sur la croyance que tout changement commence au niveau de l’individu – ceci fait donc des individus la clé de notre théorie du changement. Cependant, les individus ne peuvent valablement jouer leurs rôle que si, ils connaissent leurs droits, sont bien informés sur la marche de leur société et si ils sont organisés en corporations en vue d’amplifier leurs voix. OSISA les accompagnent également dans leur plaidoyer aux niveaux national, régional et international, en vue de promouvoir une paix durable, l’Etat de droit et de renforcer les chances de prospérité économique pour les plus vulnérables.
Axes de travail du programme-pays d’OSISA
La stratégie d’OSISA en RDC vise essentiellement d’atteindre les objectifs suivants:
(1) Promouvoir et contribuer à la consolidation des institutions et mécanismes démocratiques ;
(2) Soutenir la réforme judiciaire et la lutte contre l’impunité ;
(3) Promouvoir les libertés fondamentales, la protection des droits de l’homme et des médias ;
(4) Soutenir le plaidoyer en faveur de la prestation de services de base de qualité, y compris l’éducation.
(5) Promouvoir la participation des citoyens à la gouvernance économique, la transparence dans la gestion des finances publiques et une gouvernance responsable dans le secteur des ressources naturelles ;
(6) Promouvoir l’égalité des sexes, en particulier soutenir des causes qui font avancer les droits des femmes.
Contexte et justification
Les consultations menées entre OSISA et plusieurs organisations représentatives des jeunes en RDC ont permis de dégager le constat suivant :
i) Pauvreté/marginalisation économique : la jeunesse en RDC comme ailleurs en Afrique australe est constitué d’une majorité de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Cette situation est la conséquence immédiate d’une grande crise nationale découlant de décennies de mauvaise gestion, d’échecs des politiques économiques et sociales et des conflits prolongés. Cette pauvreté touche particulièrement la femme et la jeune fille qui, en raison d’obstacles culturels et structurels, participent peu à l’économie formelle. Les incertitudes répandues sur leur avenir économique et social ont engendré un profond sentiment de désespoir parmi les jeunes.
ii) Le chômage des jeunes : Le taux de chômage en RDC est particulièrement élevé. Les rares emplois disponibles générés chaque année accordent une grande importance aux années d’expérience. Bien qu’il existe des centres de formation professionnelle, destinés à la formation technique à travers le pays, il leur est souvent reproché l’inadaptation par rapport aux besoins du marché du travail actuel. La situation est aggravée par le manque de mécanismes adéquats de mentorship pour les jeunes qui cherchent les moyens d’exister dans l’entreprenariat et le manque d’infrastructures de soutien social (exemple : les centres communautaires), qui, au niveau local, devraient normalement offrir une gamme de programmes d’auto-développement pour les jeunes. A Kinshasa et d’autres villes du pays, une catégorie de la jeunesse désœuvrée a eu recours au gangstérisme urbain, qualifié à Kinshasa de phénomène Kuluna . Bien que la RDC possède une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et une politique nationale de la jeunesse décrivant des stratégies à court, moyen et long terme sur la façon de s’attaquer au problème de chômage des jeunes, la mauvaise mise en œuvre et l’inadaptation de l’allocation budgétaire sur cette matière réduisent les chances de succès.
iii) Niveau d’études : l’engagement professionnel des jeunes demeure un défi majeur en raison de défaillances massives et parfois de l’inadaptation du système éducatif congolais. En conséquence, les produits du système sont souvent mal équipés pour se mouvoir dans le contexte professionnel, mais aussi pour créer des opportunités économiques pour eux-mêmes. Cette situation est aggravée par le manque apparent de modèles positifs qui incarnent les attributs de l’auto-respect, d’intégrité, d’amour du travail et du service public.
iv) Accès à la santé de qualité : Au-delà de Kinshasa et d’autres grandes villes, le manque de personnel médical qualifié et des médicaments essentiels est devenu la norme. Le résultat est la réduction de l’espérance de vie nationale et un nombre élevé de décès dus à la naissance. Des maladies évitables comme le paludisme, le choléra et la fièvre typhoïde sont récurrentes et souvent mortelles. Bien que la prévalence et les taux d’infection au VIH / SIDA ont nettement diminué grâce aux efforts concertés du Gouvernement congolais et de plusieurs intervenants, il reste encore un défi majeur de santé publique et est aggravé par le manque d’information sexuelle et de santé reproductive accessible au public. Le taux de maternité précoce dans plusieurs portions du pays peut en témoigner.
v) Culture de la violence et d’intolérance : Une culture de violence et d’intolérance semble s’enraciner de façon inquiétante. Les pilotes de la violence et ses effets varient selon les régions. Dans les zones rurales et péri-urbaines, la violence domestique reste répandue et est renforcée par des normes culturelles patriarcales sur le statut de la femme dans la société, tandis que dans les zones urbaines la culture croissante de gangstérisme incarnée par les Kuluna est préoccupante. Dans la partie orientale du pays et d’autres régions déchirées par les conflits, des enfants et des jeunes ont pris les armes comme enfants soldats et porteurs, d’autres ont perdus parents et familles. Pour ces jeunes, s’être trouvés à l’épicentre de multiples conflits internes et transfrontaliers a laissé des marques physiques et psychiques non-négligeables. Dans ce contexte, les jeunes femmes et les filles sont les plus touchées et de manière disproportionnée par les viols de masse, les mariages forcés et l’esclavage sexuel.
vi) Le manque de culture civique : L’on peut noter une érosion constante de la culture civique au sein de la jeunesse. Cela se manifeste par des niveaux élevés de suspicion, la diminution de la participation politique, et de plus en plus la méfiance et le désintérêt vis-à-vis de la gestion politique au niveau local, provincial et national. Beaucoup de jeunes s’inquiètent de l’institutionnalisation d’une culture de manipulation de la jeunesse au sein des partis politiques et d’autres espaces politiques, où leur seul rôle a été de mobiliser numériquement d’autres jeunes pour servir des agendas déjà prédéterminés, plutôt que de jouer un rôle véritablement actif et constructif. Souvent, les jeunes intéressés n’ont pas accès à des informations importantes sur le fonctionnement du gouvernement, le rôle des institutions et la façon de participer positivement à la construction des politiques publiques, au niveau local, provincial et national.
Objectifs
Le présent appel à projet vise à :
(1) promouvoir l’émergence d’une citoyenneté responsable et consciente au sein de la jeunesse congolaise.
(2) Encourager des projets, idées et approches innovants favorisant l’engagement citoyen des jeunes notamment, mais sans exclusive, à travers l’usage des Nouvelles Technologies de
L’Information et de la Communication (NTICs), les réseaux sociaux, les médias alternatifs, l’art et la culture.
(3) Encourager les jeunes à articuler et communiquer de manière adéquate leurs besoins, pour la mise en place de politiques et stratégies en vue de les aider à surmonter les défis qu’ils doivent affronter et à participer au processus de prise de décision.
(4) Favoriser une participation qualitative et quantitative des jeunes aux prochaines échéances électorales en RDC.
(5) Promouvoir les valeurs et la culture de paix, de tolérance, d’excellence, de solidarité, et d’engagement positif et responsable au sein de la jeunesse congolaise.
Méthodologie et procédure de soumission
La soumission des projets en réponse à cet appel se fera en deux phases :
Phase 1
(1) Les organisations soumissionnaires présenteront une note de concept de cinq pages maximum, présentant un condensé de ce que l’organisation souhaite faire.
(2) La note de concept sera subdivisée de la manière suivante : a) Présentation de l’organisation soumissionnaire (1 page maximum) b) Présentation du contexte et justification de la soumission (1 page maximum). c) Analyse du problème que le projet entend résoudre (1 page maximum). d) Exposé sur le but et les objectifs du projet (1/2 page). e) Description et pertinence du projet (1,5 page maximum). f) Coût du projet.
Phase 2
Les organisations dont les notes de concept auront retenues l’attention d’OSISA, seront invitées à présenter un projet complet, en remplissant le formulaire de demande de subvention d’OSISA, ainsi qu’en soumettant d’autre documents requis par OSISA dans le cadre de sa politique de subvention.
Limitation géographique
Le projet est destiné à des organisations locales œuvrant en RDC, sans aucune limitation provinciale.
Dépôt des dossiers

ppel
Les soumissions des projets seront réceptionnées soit par email à FrancineK@osisa.org avec copie conforme à FrancineM@osisa.org ou physiquement au bureau d’ Open Society Initiative for SouthernAfrica (OSISA) en République démocratique du Congo (RDC), sis avenue de la Révolution n°3, Commune de la Gombe au quartier SOCIMAT à Kinshasa/RDC, en prenant soin de mentionner la référence de l’appel à projet. La date limite pour la soumission des notes de concept est fixée au 03 septembre 2014. Puis, les organisations dont les notes de concept auront été retenues seront invitées à présenter les projets complets, au plus tard, le 15 septembre 2014. Toutes les notes réceptionnées en dehors de ces échéances ne seront pas prises en compte dans le cadre de cet appel à projet.
« Construire des démocraties dynamiques et tolérantes »

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A propos de l'auteur : Adeline Marthe

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