(La Prospérité)
La restitution des résultats de l’état des lieux de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (SNVBG) a eu lieu, mardi 7 juillet 2015, au Cercle Français de Kinshasa. C’est une évaluation réalisée à la demande du Ministère du Genre, Famille et Enfant, dans le cadre d’un programme de Coopération entre l’UNFPA et la RDC. De manière spécifique, cet état des lieux devrait apprécier les avancées réalisées dans les services offerts aux victimes des violences sexuelles, ainsi que les mécanismes de coordination. Difficile pour l’instant de parler de l’impact de cette stratégie, d’autant plus que plusieurs éléments concourent à l’élimination des violences basées sur le genre. Seulement, il a été remarqué une sorte de contradiction entre les déclarations des personnes descendues sur terrain et les bailleurs de fonds. Les premiers déplorent l’insuffisance des moyens, les seconds affirment avoir déversé beaucoup d’argent à cet effet.
Pour Diene Keita, grâce au financement de la Banque Mondiale, un partenariat a été conclu entre l’UNFPA qu’elle dirige en RDC et le Centre Régional de Recherche de Documentation sur le Genre et la Construction de la Paix dans la Région des Grands Lacs (CERRD-GL), en vue de mener en bon escient cette étude. Les résultats préliminaires de l’évaluation de la stratégie ont été présentés au premier forum national des Ministres en charge de Genre, organisé au mois de février dernier à Kinshasa. Ainsi, l’une des principales recommandations était la révision de la SNVBG et de ces mécanismes de coordination. L’UNFPA réitère son engagement à soutenir le Gouvernement de la RDC dans ces efforts d’une approche « One UN », en vue de doter le pays d’un outil stratégique pour la programmation de la lutte contre les violences sexuelles et celles basées sur le genre.
Le professeur Bernard Mumpasi Lututala, Directeur Général de CRRRD-GL, a expliqué que l’étude avait pour but de mener une lutte contre les violences, d’accompagner les personnes victimes et de coordonner toutes les actions qui touchent à cette matière. C’est, d’ailleurs, pour cette raison que la stratégie a été mise en place. La grande recommandation, c’est de mettre immédiatement en œuvre la stratégie de lutte contre les violences aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest.
De la méthodologie du travail des enquêteurs
Les enquêteurs engagés sur le terrain ont collecté les données dans tous les chefs-lieux des provinces et dans des chefs-lieux des territoires de l’Est du pays. En effet, les principales difficultés étaient, notamment, celles de la méconnaissance de la SNVBG par les répondants ciblés au départ. Il y avait également, un climat de méfiance de la part de presque toutes les parties prenantes sur l’opportunité de cette évaluation. Aussi, a-t-il été noté une faible disponibilité des Autorités Politico-administratives à recevoir les enquêteurs et à répondre aux questionnaires.
En définitive, les leçons apprises consistent entre autres, à une confusion entre la stratégie globale et nationale. La SNVBG demeure toujours pertinente parce qu’il y a encore des conflits armés. Outre la protection et la prévention, la meilleure approche est celle de la sanction, le phénomène étant devenu banal, puisque, ce n’est plus seulement l’apanage des zones des conflits.