(mediacongo.net)
Le ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des Sceaux a reconnu, vendredi le 19 mai dernier, des complicités et défaillances dans le fonctionnement du dispositif de sécurité commis à la Prison Centrale de Makala.
Alexis Thambwe Mwamba a fait cette déclaration devant les députés nationaux, lors d’une séance plénière à laquelle il a été invité par le Bureau de l’Assemblée Nationale afin d’éclairer les élus du peuple en particulier, et l’opinion tant nationale qu’internationale en général, sur cette situation qu’il a qualifiée « d’humiliante pour le pouvoir ».
Dans son mot d’introduction, le ministre d’Etat a affirmé que la Prison Centrale de Makala a été dotée, à sa construction, d’une capacité d’accueil de 1 500 détenus au maximum pour la capitale congolaise dont le poids démographique était estimé à 1 million d’habitants à l’époque, alors qu’à la veille de l’évasion, cette prison contenait 8 200 détenus, au moment où la population de la ville de Kinshasa est estimée à 11 ou 12 millions d’habitants.
De l’avis du ministre d’Etat, les prisons de la RD Congo ne connaissent pas de problème de surpopulation carcérale, s’il faut tenir compte du fait que le pays cher à Patrice Emery Lumumba regorge, dans l’ensemble, 26 000 prisonniers pour une population environnant 70 millions d’habitants, alors que la France qui est moins peuplée compte 62 000 prisonniers.
L’armée remplace la police
Reconnaissant, en outre, que son ministère s’occupe de la gestion administrative des prisons de la RD Congo et que la sécurité est plutôt assurée par la police nationale, le ministre d’Etat a affirmé que la Prison centrale de Makala n’a pas été vidée de ses pensionnaires à la suite de l’évasion et que les statistiques exactes seront remises au Bureau de l’Assemblée Nationale, pour ne pas gêner le déroulement normal de l’enquête judiciaire.
Entrant dans le vif du sujet, Alexis Thambwe Mwamba a déclaré que, mercredi 17 mai vers 4h00’, des éléments du député national Ne Mwanda N’Semi, chef du mouvement politico-religieux « Bundu Dia Mayala » (BDM), jadis appelé « Bundu Dia Kongo » (BDK), ont forcé le portail de la prison et ont extrait ce dernier, avant d’ouvrir d’autres cellules et de demander aux prisonniers de sortir.
« Quelques individus ont été arrêtés. Trois gardiens, cinq miliciens et trois détenus ont été tués. De nombreux dégâts matériels ont été enregistrés : des véhicules entreposés devant la prison, deux véhicules se trouvant à l’intérieur et mis à la disposition de la prison pour son fonctionnement, y compris les bureaux du directeur de la prison et de son secrétariat ont été incendiés, dans l’intention de brûler les dossiers et effacer toutes les traces… », poursuit Alexis Thambwe Mwamba, indiquant que plusieurs évadés ont été déjà récupérés et sont retournés dans la même prison où les visites sont restreintes pendant tout le temps de l’enquête et que, désormais, les prisons centrales du pays sont contrôlées par l’armée.