RDC-Mambasa : encore une attaque des ADF, au moins 9 civils tués et plusieurs disparus

(ACTUALITERS.CD)

Au moins neuf civils ont été tués au cours d’une nouvelle attaque des islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF) mardi 19 mai soir, dans la localité d’Alima, dans la chefferie de Babila Babombi (territoire de Mambasa) en Ituri. Selon des sources contactées par ACTUALITE.CD, plusieurs personnes ont été enlevées, des maisons incendiées ainsi que des boutiques pillées puis brûlées par les assaillants.

Ce mercredi, la société civile parle d’une psychose généralisée dans la région. Selon elle, la situation sécuritaire dans cette partie du territoire devient critique et risque de provoquer une crise humanitaire plus grave si des mesures urgentes ne sont pas prises.

« La population vit actuellement dans une psychose totale. Les habitants fuient leurs villages pendant la nuit et plusieurs familles se déplacent vers des zones qu’elles considèrent plus sécurisées. Même les activités économiques sont presque paralysées sur plusieurs axes », a déclaré Mugeni Yuma Imurani, coordonnateur territorial de la société civile de Mambasa.

Et ce n’est pas tout. Aujourd’hui dans la matinée, des tirs effectués par l’armée ont également provoqué une nouvelle panique parmi les habitants de Biakato et ses environs, renforçant la peur permanente au sein de la population.

« Les gens ne dorment plus normalement. À chaque coup de feu, la population croit à une nouvelle attaque. La circulation sur l’axe Makumo-Biakato-Lwemba reste très timide parce que plusieurs transporteurs craignent des embuscades rebelles », a indiqué Rams Malikidogo, cadre de la société civile de l’antenne de Babila-Babombi à Biakato.

L’intensification d’attaques des ADF pousse des centaines de personnes à l’abandon progressif des villages, mais surtout à la fermeture de plusieurs activités commerciales et au ralentissement des travaux agricoles dans cette zone forestière de Mambasa.

« Si rien n’est fait rapidement pour sécuriser durablement cette région, nous risquons de vivre une aggravation des déplacements de populations et une crise alimentaire dans plusieurs villages », a averti Marie-Noëlle Anotane, coordonnatrice adjointe de la société civile de Mambasa.

Des voix s’élèvent pour demander le renforcement immédiat des opérations militaires, l’augmentation des effectifs FARDC sur les axes sensibles critiques, ainsi qu’une présence permanente des forces de sécurité dans les villages les plus exposés aux incursions des ADF.

Cette nouvelle attaque survient alors que la région reste encore sous le choc du massacre perpétré dans le carré minier situé à l’est de Biakato, où au moins 23 civils ont été tués entre le 16 et le 18 mai.

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A propos de l'auteur : Adeline Marthe