(Forum des As)
Au terme de son long mandat en RDC, le représentant spécial adjoint de la MONUSCO chargé des opérations à l’Est, quitte la RDC avec un sentiment d’autosatisfaction. Celle d’avoir accompli sa mission. Abdallah Wafy s’est ainsi exprimé hier jeudi le 26 février lors d’une cérémonie d’au revoir, organisée à Kinshasa, au Quartier général de la Mission onusienne en RD Congo.
Après un séjour relativement long de 5 ans et 9 mois en RDC, Abdallah wafy est rappelé par son pays le Niger, pour assumer les fonctions d’ambassadeur aux Nations unies. Dans un entretien avec la presse, ce haut fonctionnaire des Nations unies a brossé succinctement la situation politique et sécuritaire en RDC. Evoquant le renoncement de l’appui de la Monusco aux Forces armées de la RD Congo (FARDC), dans les opérations de traque des FDLR, le général Wafy estime qu’il faut un dialogue structuré, franc, politique et permanent entre le Gouvernement et la Mission.
Selon lui, renoncer à ce soutien revient à compliquer les choses sur le terrain. » Nous avons besoin d’une confiance mutuelle. La MONUSCO a besoin de l’engagement du Gouvernement congolais pour exercer son mandat de même pour les autorités congolaises « , a-t-il soutenu. Toujours en ce qui concerne les rebelles Interahamwe, présents sur le sol rd congolais depuis le génocide rwandais d’avril 1996, le Général Abdallah Wafy, par ailleurs adjoint de Martin Kobler, pense qu’il s’agit d’une question emblématique pour la région des Grands Lacs. » Ils doivent rentrer chez eux au Rwanda. Ils ont commis beaucoup d’atrocités sur la population civile congolaise. Ils n’ont pas de place dans les Kivu. Il faut se débarrasser de ce fléau « , a-t-il martelé. C’est ainsi, a-t-il expliqué que toute la Communauté internationale a compris qu’il faut passer à l’option militaire pour les contraindre à quitter la RDC.
Toutefois, Abdallah Wafy a reconnu que la lutte contre les FDLR sera longue, complexe et difficile. « Ils vivent ensemble avec les femmes et les enfants. Au bout de 20 ans, ils se sont tissé des relations avec les Congolais « , a fait savoir Abdallah Wafy pour argumenter sa crainte. Il note par ailleurs, que tous ces aspects doivent être pris en compte. Aussi, ajoute-t-il qu’il faille veiller à ce qu’il n’y ait pas de conséquences humanitaires.
LE SUCCES DES OPERATIONS CONJOINTES
Le Général Wafy a salué le succès enregistré à chaque occasion que la Monusco et les Fardc menaient des opérations conjointes sur le terrain. « Chaque fois que nous avons travaillé ensemble, des résultats palpables et satisfaisants ont été enregistrés « , a-t-il affirmé. Il a cité, à titre d’exemple, la défaite de la rébellion du M23, la sécurisation des élections de 2011, l’offensive contre les ADF/NALU et tant d’autres opérations. » Il n’est pas bon que le Gouvernement prenne une telle décision DE mener seul les opérations de traque des Fdlr « , a-t-il regretté. Raison pour laquelle, il en appelle à un dialogue sincère et constructif entre les deux parties. » Nous avons reçu le mandat de neutraliser les groupes armés qui sèment la terreur en RDC, protéger la population civile et consolider la paix « , a-t-il rappelé, tout en souhaitant que le chef de l’Etat puisse reconsidérer sa décision. « Nous avons préparé ses opérations ensemble avec les FARDC. Donc, » nous estimons que notre soutien aux cotés des FARDC est important « , a encore souligné le Général Abdallah Wafy.
En ce qui concerne les médias locaux, le général Abdallah Wafy a fait une mention spéciale à la presse congolaise. » Je pars avec un sentiment d’une presse dynamique, déterminée. Une presse qui est un espoir pour la démocratie en RDC. C’est la presse qui se bat dans des conditions difficiles. Un engagement plus noble « , a-t-il renchéri. Avant de quitter Goma, le général Abdallah Wafy a été élevé, par le gouverneur de la province, à la dignité de citoyen d’honneur de cette ville.