Présence confirmée de soldats américains en RDC

(Tempête des tropiques)

Selon le Général Joe Dunford, chef d’Etat-major de l’Armée américaine, la République Démocratique du Congo fait partie des 53 pays africains où les Etats-Unis  ont déployé 6000 soldats pour traquer les jihadistes de l’EI.

Sauf imprévu, le Pentagone devait abriter hier mardi 24 octobre 2017, une importante réunion militaire à laquelle devaient prendre part les représentants militaires de 75 pays dont ceux du continent africain, pour « discuter de la prochaine phase de la campagne  militaire » contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

La révélation a été faite lundi dernier à Arlington, par le Général du corps des marines  Joe Dunford, chef d’Etat major américain, au cours d’un point de presse consacré à l’enquête en cours sur l’embuscade ayant coûté la vie à quatre militaires américains le 04 octobre 2017 au Niger.

Tout en soutenant que la présence des soldats américains en Afrique reste très peu connue de l’opinion publique américaine, les Etats-Unis reconnaissent aussi que la République Démocratique du Congo fait partie des 53 pays africains où l’Armée américaine a déployé 6000 soldats pour traquer  les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) .

Outre la RDC, ces forces spéciales américaines sont également déployées au Tchad, au Niger, en Ethiopie, en Ouganda, au Rwanda,  et au Kenya, pour ne citer que ces pays géographiquement très proches du Congo-Kinshasa.

A en croire le chef d’Etat-major américain,  après la récente mort tragique de quatre de ses soldats au Niger, Washington envisage de renforcer sa présence militaire en Afrique , pour traquer le groupe Etat islamiste. Car, selon plusieurs responsables américains,  ces terroristes cherchent actuellement à se repositionner après la chute de leur « califat » aux confins de la Syrie et l’Irak.

Pour le chef d’Etat-Major américain, « après la chute de Raqa et de Mossoul, l’Afrique est l’un des endroits où l’ISIS, autre dénomination pour l’EI, espère renforcer sa présence », a notamment déclaré  le général Joe Dunford, au cours du point de presse animé lundi. Et d’ajouter : «Nous savons à quel point la Libye et le Sinaï sont importants pour l’EI. Nous savons à quel point ils ont essayé de s’établir en Afrique de l’Est et bien sûr, nous parlons maintenant de l’Afrique de l’Ouest».

Pour répondre efficacement à cette menace, le chef d’Etat-Major américain a également laissé entendre que le Pentagone fera des recommandations au ministre de la  Défense Jim Mattis, ainsi qu’au président Donald Trump, sur la répartition des unités nécessaires à la nouvelle stratégie militaire américaine.

L’Afrique, 2ème zone d’intervention des forces spéciales américaines

Déjà le vendredi 21 octobre, le sénateur républicain Lindsey Graham avait tiré la sonnette d’alarme en déclarant que «la guerre est en train de se déplacer et qu’on va assister à davantage d’actions en Afrique», à la sortie d’un entretien avec M. Mattis.

Pour Washington, l’Afrique est déjà la deuxième zone d’intervention dans le monde des Forces spéciales américaines, après le Proche-Orient. Dans les 53 pays africains où sont déployés les 6000 soldats américains, ces derniers se chargent notamment de former les militaires locaux à la lutte anti-terroriste. Ils partent aussi  en missions avec les militaires locaux quand il y a un risque de combat, a fait savoir le général Dunford.

Mais ces règles d’engagement «vont changer dans le cas des opérations anti-terroristes», a prévenu le sénateur républicain Lindsay Graham, laissant entendre que les soldats américains pourraient être  autorisés à tirer les premiers sur des «cibles terroristes sur le terrain». Ce qui n’est pas le cas actuellement.

L’Etat-major américain est également convaincu que « la guerre est en train de se déplacer», à en croire le Général Dunford. «Je ne suis pas sûr qu’on puisse dire qu’elle se déplace vers l’Afrique seulement. Nous sommes confrontés à un défi qui s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’Asie du Sud-Est», a-t-il notamment déclaré au cours de la conférence de presse tenue lundi à Arlington.

«Je pense que l’ISIS va tenter d’établir une présence physique ailleurs qu’en Irak ou en Syrie, maintenant qu’ils ont perdu leur califat de Raqa et Mossoul», a-t-il expliqué. «C’est bien pourquoi nous conduisons les sortes d’opérations que nous avons au Niger, pour nous assurer que les forces locales ont la capacité de l’empêcher», a indiqué le chef d’Etat-Major américain.

Parallèlement à leurs missions militaires propres,  les Etats-Unis soutiennent aussi l’opération militaire française Barkhane dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso), laissant à la France la tâche de mener le combat contre les groupes islamistes radicaux dans cette région avec les alliés africains.

Les Etats-Unis apportent notamment du ravitaillement aérien pour les avions français et échangent du renseignement avec les Français.

A en croire le général Dunford, avant l’embuscade jihadiste qui a coûté à quatre soldats américains le 4 octobre 2017,  800 soldats américains étaient déployés au Niger. Ce qui en fait la force américaine la plus importante en Afrique. L’armée américaine  entend y continuer les opérations, malgré cette embuscade, a-t-il conclu.
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