Processus DDR : les FDLR appelés à saisir leur dernière occasion

(Le Potentiel)

Un pas en avant, deux pas en arrière. Telle est la manie qu’adoptent les miliciens des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) depuis le lancement du processus de reddition dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Préoccupé par cette situation, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Martin Kobler, demande, une fois de plus, à ces rebelles hutu rwandais « de saisir cette dernière occasion et aller de l’avant dans ce processus de désarmement, démobilisation et réinsertion ».
« Tous les combattants, y compris leurs leaders, doivent désarmer immédiatement. Toutes les violations des droits humains doivent cesser immédiatement, et ceux qui sont inculpés doivent faire face à la justice dans les tribunaux internationaux », a déclaré le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC.
Le chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC a lancé cet appel à l’endroit des éléments de cette milice rwandaise, le jeudi 7 août, lors de la présentation de son rapport sur la Monusco au Conseil de sécurité.
Cette présentation est un exercice de routine auquel se livrent régulièrement les représentants spéciaux du secrétaire général.
Saisissant cette opportunité, Martin Kobler a abordé plusieurs points, notamment la lutte contre les FDLR, qui est une première priorité de la Mission.
Toutes ces informations ont été livrées à la presse par le porte-parole de la Monusco, Charles Bambara, le mercredi 13 août à Kinshasa.
En effet, le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion des FDLR semble avoir du plomb dans l’aile.
Pendant que les ressortissants de la Province Orientale et de l’Equateur s’opposent à leur relocalisation temporaire sur leur sol, ces miliciens refusent depuis quelques semaines de rejoindre le site d’accueil de transit dans ces deux provinces.
Face à l’inquiétude que suscite cette problématique au Nord et Sud-Kivu où ils sont cantonnés, le porte-parole du gouvernement a appelé hier jeudi 14 août la population au calme.
«Si, on ne les tue pas là où ils sont à Walungu ou Kanyabayonga, je ne vois pas pourquoi on les tuerait à Kisangani. Le programme n’est pas négociable, les FDLR sont destinés à rentrer au Rwanda. Nous avons accordé une période de six mois, ils rentreront. Que les habitants du Nord et Sud-Kivu se calment», a-t-il dit à radio Okapi.
Le porte-parole du gouvernement a également appelé les FDLR, resté dans la brousse, à profiter de ce processus de désarmement volontaire.
Un processus qui bénéficie de l’appui de la Monusco. Mais la Mission onusienne n’exclut pas l’éventualité d’un recours à la force militaire pour les membres des groupes armés réfractaires au désarmement.
La Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté du développement pour l’Afrique australe (SADC) devaient se réunir hier jeudi à Luanda (Angola) pour discuter à nouveau de la question des FDLR.
Début juillet dernier, ces organisations sous-régionales avaient accordé un délai de six mois à ces rebelles rwandais pour se rendre.
Prévu fin juillet dernier, le transfert des ex-rebelles FDLR, environ 313 et leurs dépendants, regroupé à Walungu vers Kisangani n’a pas encore eu lieu.
Le gouvernement congolais et les FDLR ne se seraient pas encore entendus sur les modalités d’organisation de cette opération de transfert.
La Mission de l’Onu en RDC s’est dit déçue que les rebelles rwandais des FDLR refusent de rejoindre le camp de transit de Kisangani (Province Orientale). Le chef de bureau de la Monusco au Nord-Kivu, Ray Virgilio Torres, estime que ce refus est une violation manifeste de la volonté exprimée par ces combattants à mettre fin à la lutte armée.

 

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A propos de l'auteur : Adeline Marthe

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